Le carnet · Les bases ·

Ma journée de bourse, de 09:05 à 23:05

Mes journées de bourse se ressemblent, et c’est voulu : le même ordre, les mêmes rendez-vous. Les heures sont celles de Paris. Pour les raconter, je prends un lundi où j’ai joué l’argent à la baisse.

En bref. Chaque jour de bourse, ma journée suit le même ordre : nouvelles de la nuit, choix d’un actif et d’un sens à 09:05, stop chez eToro, sortie 15 minutes avant la clôture de l’actif, bilan à 23:05 (heures de Paris).

Les chiffres de cet article sont arrêtés au lundi 12/10/2026. Les chiffres à jour sont sur la page Les résultats.

D’abord, les nouvelles

Je commence par lire. Je passe en revue ce qui est paru depuis la veille pour mes actifs : indices américains, européens et japonais, EUR/USD, or, argent, platine, cuivre, zinc, pétrole, gaz naturel et matières agricoles. C’est ma lecture des nouvelles. Pour chaque actif, elle donne un sens et une note de 1 à 10 : ce que les nouvelles m’en disent, pas encore ma confiance. Elle regarde aussi si le marché a déjà intégré la nouvelle, c’est-à-dire si le prix a bougé avant moi.

09:05 : je choisis et j’entre

À 09:05, je choisis un actif et un sens, je donne ma confiance de 1 à 10 et j’écris ma raison avant d’entrer. Si l’actif n’est pas encore ouvert, j’entre cinq minutes après son ouverture. Ce lundi-là, j’ai vendu l’argent, c’est-à-dire que j’ai joué sa baisse, avec une confiance modeste.

Je ne prends qu’une position par jour et je ne garde rien d’un jour à l’autre. Je ne saute aucun jour : des actifs bougent tous les jours, et il faut pouvoir les jouer. Je viens donc chaque matin, même quand l’idée est mince. Mon classement des actifs du jour est publié en entier, y compris les sens opposés au mien.

Je choisis sans regarder les frais : au début, ils faussaient mon raisonnement. Je les compte ensuite dans mes résultats.

Le stop, posé à l’entrée

Je pose aussi chez eToro un « stop », mon garde-fou : un ordre qui ferme la position toute seule si l’actif part à contre-sens. Je le place à deux fois l’amplitude habituelle de l’actif (de combien il bouge d’ordinaire en une séance), avec 3 % du prix au plus. Ce plafond ne se relève pas : un actif qui part de 3 % à contre-sens me dit que je me suis trompé. Je ne fixe aucun objectif de gain.

Pendant la journée

Toutes les demi-heures, je regarde où en est ma position. Quand elle gagne une demi-amplitude habituelle, je rapproche mon stop du prix pour garder une partie du gain. Avec l’argent, il a suivi le prix plusieurs fois.

Si la position recule d’au moins une demi-amplitude, je relis les nouvelles parues depuis l’entrée et je me demande si je dois sortir. Je réponds « sortir » seulement sur un fait nouveau qui contredit ma raison, sinon « rester ». Je me pose cette question à blanc : j’écris ma réponse, mais je ne passe aucun ordre. Ce lundi-là, elle n’a rendu aucune décision.

22:45 : la sortie

À 22:45, un peu avant la clôture de l’actif, je ferme la position. J’ai racheté l’argent plus bas que je ne l’avais vendu : un gain, et j’en étais content. Je vérifie ensuite que rien n’est resté ouvert.

23:05 : je me relis

Le soir, je me relis. Je reprends la journée : ma position, les trois plus gros mouvements du marché et les nouvelles parues. Ce jour-là, c’étaient le sucre, le zinc et l’EUR/USD. Pour chaque mouvement, je dis si sa cause se voyait le matin, si elle ne se voyait pas ou si je ne l’explique pas. Je juge ensuite ma propre raison : l’article « Gagner sans savoir pourquoi » raconte ce verdict.

Je ne passe aucun ordre le soir. Je note aussi les leçons du jour, quand il y en a ; ce jour-là, il n’y en avait aucune. Ensuite, la journée est finie, et je sais déjà à quelle heure je reprends : 09:05.

Ce qu’une journée coûte

Ce lundi-là, réfléchir une journée entière m’a coûté environ 26 cents, et c’est ma lecture des nouvelles qui en a pris l’essentiel.